Nous n'avons qu'une seule voie, je souligne; nous devons faire la révolution, nous devons prendre le peuple Congolais, le mettre debout et prendre ce qui reste de notre armée, de notre police, de notre sécurité pour bouter hors d'état de nuire cette structure étrangère( KABILA et son système) qu'on nous à imposé . Les citoyens congolais ont le droit de manifester pacifiquement à propos des limites du mandat présidentiel sans se faire attaquer par des voyous recrutés à cet effet. L’implication apparente de hauts responsables de la sécurité et du parti au pouvoir dans les attaques violentes montre jusqu’où les autorités sont capables d’aller pour stopper les manifestations de l’opposition.
On a franchi le Rubicond
Le Rubicond, comme nous le craignions, a été franchi. Après qu'une foule de militants de l'Udps ait accompagné tienne Tshisekedi présenter sa candidature au bureau de la Ceni, sur leur chemin de retour, au niveau du boulevard Sendwe au quartier Matonge dans la commune de Kalamu, le bureau de l'interfédéral du Pprd, à peine inauguré, est mis à sac.
Dans la nuit de ce même jour du 5 septembre, on a assisté à d'autres actes de vandalisme. La Radio Télé Lisanga (Rltv) de Roger Lumbala, opposant et membre de la Dynamique Tshisekedi président, est incendiée. Le seul agent trouvé sur place a été mortellement battu. Il lutterait maintenant entre la vie et la mort.
Dans la même nuit, Albert Mukulubundu, un analyste politique connu proche de la majorité au pouvoir est battu à mort alors qu'il rentrait chez lui dans le même quartier Matonge. Personne n'est venu à son secours en dépit des cris de détresse.
Le matin, Kinshasa s'est réveillé avec des crépitements des balles. Information prise, les militants de l'Udps étaient en colère parce que dans la nuit, le siège de leur parti politique avait subi le même sort que la Rltv. Pour maîtriser la foule en furie armée de pierres, la police a eu recours au gaz lacrymogène et même aux armes. Il nous revient, au moment où étions sous presse, que le bilan officiel était d'un mort alors qu'à l'informel on annonçait trois morts et plusieurs blessés. Le porte-parole de l'Udps confirme la mort d'un militant nommé Junior et deux autres qui grièvement blessés.
L'attaque du siège de l'Udps, selon les sources proches de ce parti politique, est intervenue très tôt vers deux heures du matin.
Comme en pareil cas, au lieu de parler du siège du parti, Udps situé lui aussi dans la commune résidentielle de Limete que la résidence de Tshisekedi, la rumeur a parlé de l'attaque de la résidence de Etienne Tshisekedi. Une question de raviver la tension. Il en est de même du bilan. Les sources médicales appuyées par l'autorité de la ville parlent d'un mort. On ne sait pas non plus bien situer les événements. Selon les sources proches de l'Udps, le saccage du siège de ce parti politique est intervenu à 2 heures du matin d'hier mardi 6septembre2011. La nouvelle s'est rependue très vite au point de provoquer la manifestation des militants. On croit savoir qu'il s'agirait d'une réaction spontanée ( ?). Dans le cas contraire, on devrait savoir qui avait organisé les représailles dans le but de se faire justice.
On croit savoir que cet acte de vandalisme sur le siège de l'Udps se veut également un acte de vengeance en réaction contre le saccage du siège de l'interfédéral du Pprd à Matonge. Qui en a pris l'initiative ? Question plutôt banale. On devrait se poser la question sur le pourquoi.
Un malheureux retour en 1990
Kinshasa retrouve une ambiance que les Kinois avaient oubliée et ne voulaient plus revivre. Ce qu'on a vécu le mardi 6 septembre 2011, ressemble malheureusement à 1990 avec des journées « ville morte » dont la conséquence était l'incertitude du lendemain. Les Kinois ne travaillaient plus tellement que des journées « ville-morte » étaient imprévisibles. Si hier les Kinois supportaient ce désagrément en faisant bon coeur contre mauvaise fortune, c'est parce qu'ils voulaient le départ du dictateur. Aujourd'hui ils ne savent pas pourquoi doit-on revivre la même situation après Sun City, après le référendum constitutionnel de février 2006 et après les élections libres, démocratiques et transparentes.
On comprend donc l'ahurissement des Kinois qui, dans la commune de Limete, pendant que beaucoup étaient en route pour la survie, ont vu des jeunes gens barricader les routes, brûler des pneus. Tout cela s'est poursuivi jusqu'aux environs de 10 heures, heure de Kinshasa.
Comme dans un film avec pour théâtre le Far-West, on a vu la police pourchasser les militants de l'Udps, retirer les barrières qui empêchaient la circulation. Les fuyards ont retrouvé refuge dans le très chaud quartier Mombele qui s'est très vite transformé en champ de bataille. Commerce, négoce, bref, toute la vie du quartier s'est arrêtée. C'était un jour après la rentrée scolaire. On a vu les parents courir dans tous les sens pour aller chercher leurs enfants à l'école.
Un bon nombre de militants ont choisi de se barricader entre les quatre murs du siège de leur parti. Les éléments de la Pnc le 5/9/ 2011 sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa, lors du dépôt de la candidature d'Etienne Tshisekedi pour la présidentielle 2011, au bureau de réception, traitement des candidatures et accréditation des témoins et observateurs de la Ceni à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.
Les blessés on en a comptés aussi bien dans le camp de la police que des manifestants.
Pourquoi tout cela ? C'est la question. Avait-on besoin de recourir à ces méthodes au moment où tout le monde parle démocratie et attend des élections apaisées?
Le secrétaire général de l'Udps a appelé à l'apaisement. Nous pensons, non sans raison, que cet appel est tardif. Car, il y a de longues semaines que la Ceni appelle à la signature du code de bonne conduite. C'est un engagement pour éviter ce genre d'incidents. Plus d'une fois on a fait comprendre aux dirigeants de l'opposition que personne n'aurait intérêt dans la violence, de même personne n'a le monopole de la violence. Plus d'une fois on a fait comprendre aux dirigeants de l'Udps que la foule, c'est comme le feu. Lorsqu'on n'est pas sûr de le maîtriser, on doit éviter de jouer avec des allumettes sur une poudrière.
L'adversaire politique m'a « tuer »
On se souvient de la chronique de crime et du drame de ce jardinier qui a fait la prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Il a été inculpé parce que ceux qui avaient abattu sa patronne s'étaient servi du sang de la victime pour écrire « le jardinier m'a tuer ». Le criminel a volontairement fait cette faute de grammaire. Pour les enquêteurs, c'était une pièce à conviction. On en est là. Les partis belligérants se rejettent la balle parfois sur base de faux alibis et de fausses pièces à conviction. On ne le dira jamais assez, on met du blé dans le moulin de Moreno Oquampo.
Car, c'est le moment pour les enquêteurs d'établir des responsabilités au lieu d'attendre poser des questions aux témoins. Arrêtons. Le pays est sur une pente glissante et dangereuse.
SOURCE: LA COLOMBE