Nous n'avons qu'une seule voie, je souligne; nous devons faire la révolution, nous devons prendre le peuple Congolais, le mettre debout et prendre ce qui reste de notre armée, de notre police, de notre sécurité pour bouter hors d'état de nuire cette structure étrangère( KABILA et son système) qu'on nous à imposé . Les citoyens congolais ont le droit de manifester pacifiquement à propos des limites du mandat présidentiel sans se faire attaquer par des voyous recrutés à cet effet. L’implication apparente de hauts responsables de la sécurité et du parti au pouvoir dans les attaques violentes montre jusqu’où les autorités sont capables d’aller pour stopper les manifestations de l’opposition.
La sénatrice acadienne Rose-Marie Losier-Cool était à Kinshasa, en République démocratique du Congo, dans le cadre de la 37e session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie qui a eu lieu au début du mois. Elle en a profité pour présenter une motion sur un sujet qui lui tient à coeur: le bien-être des femmes, qui, dans de nombreux pays, sont soumises à de graves violences.
Rose-Marie Losier-Cool: Ça s'est bien déroulé. Je pense que les résultats sont assez satisfaisants. Ça fait quatre ans que je préside le Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie. Vous comprendrez qu'aller en République démocratique du Congo (RDC), c'est assez difficile pour les femmes parlementaires. Alors, le plus gros de mon travail, ça a été de faire passer une motion concernant la violence faite aux femmes et surtout le viol, qui est utilisée comme arme de guerre dans les pays en conflits. On a dû se servir de beaucoup de diplomatie parlementaire, parce qu'on ne voulait pas stigmatiser un pays plus que d'autres. Alors, on a fait passer une motion qui demande à tous les pays membres de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie) de légiférer contre toute forme de violence faite aux femmes et aux enfants.
L'Étoile: Pourquoi est-ce que c'était si important pour vous de faire passer cette motion?
R.-M.L.-C.: On a beaucoup parlé et identifié le Congo comme la capitale du viol. Dans le nord du Congo, on utilisait le viol des femmes comme arme de guerre. Ça veut dire qu'on passait dans toutes les maisons pour violer les femmes et les jeunes filles, ensuite elles sont rejetées. C'est presque un génocide et ça se fait par millier. C'est un peu plus maîtrisé maintenant. C'était souvent les militaires, ou d'autres qui se faisaient passer pour des militaires (qui commettait ces viols). Certains ont été amenés en cours, certains ont été arrêtés. Dans notre motion, qui était si nécessaire, une autre partie à laquelle je tenais vraiment, c'est le suivi. Il ne faut pas seulement punir les coupables, mais aider les victimes. Suite à beaucoup de négociation et de conciliation, la motion a été adoptée par tout le monde.
L'Étoile: Est-ce que ça a été difficile de convaincre tous les pays présents?
R.-M.L.-C.: Depuis janvier, notre comité directeur du réseau des femmes parle de cette résolution. C'est en coulisse que ça a été difficile. Je recevais des coups de téléphone et on me disait: non on ne peut pas parler de ça, c'est accuser un pays plus qu'un autre et ce pays-là va recevoir le Sommet de la Francophonie l'an prochain, donc il ne faudrait pas qu'il soit stigmatisé. C'est là que la diplomatie parlementaire est importante. Il ne faut pas brûler des étapes. Mais finalement, j'ai été très heureuse. C'était très rassembleur comme motion, surtout auprès des femmes parlementaires. Nous avons aussi demandé à M. Abdou Diouf (secrétaire général de l'OIF), qui était présent à l'ouverture de notre session, de mettre sur pied des programmes de santé et d'adaptation (pour les victimes de viol).
L'Étoile: Est-ce que l'OIF a vraiment le pouvoir d'intervenir dans des dossiers de ce genre? Que peut-elle faire?
R.-M.L.-C.: Elle n'a pas le pouvoir d'agir du côté politique. Mais elle a des fonds pour offrir des programmes. C'est-à-dire que l'OIF peut offrir un programme de formation pour les femmes ou pour les enfants soldats. Et puis, diplomatiquement, elle a un certain pouvoir aussi. On sait que le Sommet de la Francophonie sera dans ce pays (République démocratique du Congo) là l'an prochain.
L'Étoile: La violence contre les femmes est quand même un problème grave et assez répandu. Qu'est-ce que ça va prendre pour y mettre fin définitivement?
R.-M.L.-C.: La première chose, c'est que ces pays-là doivent légiférer contre le viol. Ensuite, il faut que le système de justice soit développé. Puis il faut former les militaires et la police pour arrêter les agresseurs. Une fois qu'ils sont arrêtés, il faut aussi les punir, comme il se fait dans bien des pays comme le nôtre. Mais s'il n'y a aucune loi, on ne va certainement pas décourager les violeurs.
L'Étoile: C'est aussi lié à des conflits civils, comme dans le nord du Congo. Est-ce qu'il n'y a pas une dimension géopolitique à cette problématique?
R.-M.L.-C.: C'est certain, qu'il y a un aspect géopolitique. Mais j'ai senti qu'il y a une bonne volonté. C'est un pays qui a changé de gouvernement, qui a eu des coups d'État. C'est aussi un pays riche en ressources naturelles, mais la corruption est très très forte. Je suis revenu très bouleversée. Autant j'étais contente de ma résolution, qui a été très bien vue dans les médias, autant je me disais: j'espère que ça va aller plus loin. À bien des occasions, nos chefs d'État signent des ententes, mais c'est signé et c'est tout. Mais ces pays doivent aussi s'en tenir à la convention internationale des Nations Unies qui est pour l'élimination de toute forme de violence envers les femmes.
L'Étoile: Au delà de ce qui se fait au sein de la Francophonie, est-ce que le gouvernement canadien a un rôle particulier à jouer?
R.-M.L.-C.: Le gouvernement du Canada a certainement un rôle et il le joue assez bien. D'abord, il y a beaucoup d'aide à différents projets. L'ACDI (Agence canadienne de développement international) a une bonne présence en RDC, dans des programmes de santé ou de justice. Le gouvernement canadien respecte certainement les positions de ma motion. Alors, j'étais très confortable avec tous mes collègues canadiens, parce que c'est la position du gouvernement. Nous, on a la charte des Droits, donc, si une motion similaire revenait aux Nations Unies, je suis sûr que le premier ministre n'hésiterait pas à se prononcer contre toute forme de violence faite aux femmes.